Savoir sortir son argent au bon moment, et l'injecter dans les bons efforts même en fin de vie de produit digital

3 principes d’investisseur pour la fin de vie d’un produit digital

Investir, c’est injecter les fonds et l’effort au bon moment, mais c’est aussi les sortir au bon moment. La fin de vie de produit est une étape dont on parle peu dans la « littérature » ou les enseignements classiques. La situation la plus souvent constatée est la suivante :

  1. Un produit est créé, lancé, atteint ses clients, puis un jour sa maturité. Personne ne s’est posé la question en amont de sa durée de vie et aucun indicateur n’est en place pour détecter l’arrivée à cette maturité (là où le marché ou la valeur fait plateau).
  2. Passé un certain temps sur le plateau, où on continue à injecter des fonds de développement sans vraiment l’orienter vers de la fin de vie de produit, on coupe drastiquement les fonds pour passer en « Tierce Maintenance Applicative ». Dans d’autres termes, on ne laisse qu’un minimum de ressources en cas de bug.
  3. Le produit vit dans un coin, plus personne n’a de motivation à gérer ses clients en décroissance, mais le produit continue à coûter. Parallèlement le ou les produits de remplacement se créent sans vraiment s’appuyer sur les échecs ou les réussites du produit précédent

Les causes derrière ce scénario non optimisé proviennent souvent des erreurs suivantes

  1. La fin de vie n’est pas un évènement prévu lorsqu’on imagine et qu’on lance un produit, entre autres parce qu’il est difficile de mêler l’idée d’obsolescence à l’excitation habituelle qu’on communique pour motiver un lancement.
  2. Aucun indicateur n’est mis en place pour voir arriver le plateau. Par ailleurs, le ou la responsable produit a un attachement affectif au travail qu’il/elle a fournit de la naissance à la maturité du produit, ce qui le/la rend réticent à signaler d’arrêter les développements. Parfois, ce sont ses responsabilités voire sa position professionnelles qui se joue.
  3. La fin de vie de produit est considérée comme inexploitable et n’est plus qu’une charge morte. Aucune rétrospective n’est menée tant que le produit est inactif, et le public existant du produit, même s’il est en décroissance, est considéré comme une vache à lait qu’on laisse se fatiguer.

Le scénario décrit ne s’applique pas qu’au secteur digital, à quelques termes et phénomènes près. Cependant, le digital offre les 3 possibilités suivantes, que tout investisseur se doit de connaître :

  1. Se donner une espérance de vie sur le produit : La vitesse du secteur digital ne permet certes pas de toujours prévoir quels fondamentaux bouleverseront nos produits existants ou les rendront obsolètes, mais elle nous permet de donner des ordres de grandeur de vie max avant refonte. Par exemple, pour une application mobile grand public, on ne peut plus vraiment compter aujourd’hui une absence de refonte en 5 ans (et cette mesure est large !). Les mises à jour de systèmes d’exploitation, les nouveaux téléphones, et le coût d’être rétrocompatible sont des contraintes techniques suffisantes, et nous n’évoquons même pas ici les modes dans les consommations et les designs.
  2. Mesurer la production de valeur et la saturation du marché : Voici un principe aussi simple que le remplissage d’un panier. En supposant que votre produit ne touche pas l’ensemble de la population et qu’il n’a pas vocation à absorber un temps illimité à vos utilisateurs (à la Candy Crush), vous imaginez bien que le panier de marché a une taille limitée (en volume et en temps de consommation). Secondement, plus vous intègrerez de fonctionnalités, plus ce marché se dispersera dans vos fonctionnalités, et le retour sur investissement incrémental de vos ajouts est décroissant (si vous avez bien priorisé avec la bonne équipe, voir l’article « les avantages et inconvénienets à investir dans le digital agile »). Le plateau est donc systématique et détectable.
  3. Capitaliser la fin de vie de produit en redirigeant l’audience : La facilité du digital par rapport au matériel classique, est qu’il est possible de rediriger votre audience vers les nouvelles versions sans encombrer votre client de deux versions. Imaginez vous proposer une nouvelle voiture à vos clients qui ont déjà votre ancien modèle mais une seule place dans leur garage, et bien cette compression est possible en digital. La fin de vie de produit est particulièrement propice pour tester des versions bêtas et récolter des informations de consommations,. Mais si vous ne souhaitez pas paralléliser un lancement et une fin de vie, vous pouvez toujours instituer le contact avec les clients existants (pour le garder jusqu’au lancement du nouveau produit) en les redirigeant vers des communautés de clients sur les réseaux sociaux ou en récoltant leurs emails. Certains produits peuvent même changer leurs conditions de confidentialité en fin de vie afin de revendre leurs informations clients pour terminer le produit avec un petit pactole nécessaire ou non à une refonte (attention cependant à bien maîtriser la relation client dans ce cas là)

Par ces 3 moyens, vous pourrez plus aisément baisser progressivement votre injection de fonds, et donner une vraie utilité à vos derniers investissements.

About Alexandre QUACH

Amateur de technologies, passionné de stratégie, j'offre aujourd'hui mon expérience pour accompagner les investisseurs professionnels ou futurs professionnels dans leurs décisions digitales, à différents niveaux (stratégie, programmes, produits, fonctionnalités clés). Des lanceurs de start-up aux sponsors projets de grands comptes, je fournis des astuces et conseils pour mieux construire les coups gagnants pour votre business.


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