Mauvais chef de projet digital

Mauvais chef de projet digital : les coûts indirects

Le mauvais chef de projet digital : Attention à l’appelation

Attention, cet article n’est pas une compilation de défouloirs qui décrirait ce qu’est un mauvais chef de projet digital. Nous souhaitons ici faire le tour des coûts qu’une erreur de recrutement pourrait générer sur votre organisation.

Nous ne jetons la pierre à personne aujourd’hui. En effet, les erreurs de recrutement ou d’engagement font parfois aboutir une personne à une position qui ne convient pas. Au final, un « Mauvais » chef de projet digital n’est pour nous qu’une personne qui n’est pas adaptée aux besoins digitaux spécifiques d’un moment donné d’une équipe donnée.

Concentrons nous plutôt sur les coûts d’un mauvais chef de projet digital.

A chaque rôle ses erreurs

Aujourd’hui, les équipes digitales sont souvent pluridisciplinaires, en tout cas celles qui réussissent très bien le sont dans la majorité. Imaginons une telle équipe, composée de :

  1. Un designer, analyste en expérience utilisateur
  2. Un développeur
  3. Un exploitant (responsable  technique serveur)
  4. Un responsable produit / product owner / ou autre titre : dans notre scénario, il sera le mauvais chef de projet digital

Imaginons ensuite, personne par personne, les conséquences d’une défaillance de compétences (en gardant les autres compétents)

  1. Un mauvais designer rend un produit laid ou bien qui est difficile à utiliser
  2. Un mauvais développeur rend un produit plein d’erreurs. Le produit peut sortir en retard. Le produit peut avoir du mal à évoluer (augmentation du coût). Il est aussi plus difficilement passable à quelqu’un d’autre (augmentation du risque en cas de turnover).
  3. Un mauvais exploitant peut aboutir à un service qui s’effondre en production. Il expose aussi le service à la lenteur, la consommation de ressources ou à des failles de sécurité.
  4. Un mauvais chef de projet digital  (ou responsable produit digital) peut mener une équipe (même bonne) vers le mauvais résultat. Il peut amener à créer un produit qui ne convertit pas et n’a aucune utilité. Parfois même, le produit peut avoir une valeur négative lorsqu’il impacte la réputation de l’éditeur.

Pourquoi la différence d’impact ?

Le chef de projet digital a rarement pour responsabilité des productions directes (faites par lui même) vers le public. Ce sur quoi il travaille est le travail des autres, sur lequel il pose une surcouche d’influence et de régulation. Par conséquent, ses erreurs impliquent très souvent la mise dans l’erreur d’autres membres de l’équipe.

L’exemple le plus courant est de mener une bonne équipe motivée vers un mauvais produit démotivant.

Ajoutons à cela les risques de démotivation (impression d’avoir travaillé pour rien), les risques de compétition/division (pas de vision produit qui peut harmoniser les différents métiers, qui finissent par se jeter la pierre), le coût de démontage du produit (même s’il peut se montrer moins cher parfois que les grosses améliorations), et les efforts dépensés en vente (exemple : les rattrapages à coups d’Adwords, les campagnes de pubs en ligne) pour essayer de compenser le coût d’une erreur de vision.

Un exemple en quelques chiffres

Pour vous donner un ordre de grandeur dans le monde des applis/Web, imaginez une fonctionnalité qui coûte 1 jour de designer, 5 jours de développeur, 1 jour d’exploitant, 1 jour de chef de produit. Imaginez aussi que le mauvais chef de projet digital emmène vers un produit totalement inefficace, quaisment sans retour sur investissement. En reprenant l’exemple des cas précédents, et en comptant 500EUR/jour/personne (tarif bas voire très bas  pour de bons profils en Ile de France) :

  1. Un mauvais jour de design coûte 1 jour de design en plus, 3 jours de développeur en plus (en supposant que le développeur a bien rendu flexible son code). Total après ajustement : 12 jours soit 6000 EUR
  2. Un mauvais développement ajoute 5 jours de développement en plus. Total après ajustement : 13 jours, soit 6500 EUR.
  3. Un mauvais exploitant : 1 jour d’exploitant en plus.  Total 9 Jours soit 4500 EUR.
  4. Un mauvais responsable produit : 1/2 jour au développeur + 1/2 jour exploitant pour démonter l’échec précédent + redémarrage d’une fonctionnalité au coûts supposés identiques. Total après ajustement : 17 jours, soit 8500 EUR

Cette différence simple, d’un cas fictif mais courant, peut se retrouver multipliée par 2, 3, etc. Question facile : Combien avait de développeurs le dernier produit digital sur lequel vous avez travaillé ? Faites le calcul : Les prix s’envolent.

Entre autres qualités requises, un bon responsable produit doit savoir combiner les forces de vos équipes et leurs différentes informations expertes dans un produit cohérent et performant sur tous les tableaux. L’échec d’un hub multiplie très vite les coûts, et votre mission de sponsor requiert donc une sélection implacable des chefs de produits ou un effort de formation continue, couplée à une vigilance et exigence quotidienne.

Le droit à l’erreur à maintenir, mais maîtriser

Dans un monde juste, en apprentissage continu, il est important de maintenir pour tous le droit à l’erreur. Autrement, toute la pression et la peur de l’erreur peut vous mener dans un immobilisme dangereux. Cependant, il est important d’inspirer tout mauvais chef de projet digital sur le fait qu’une erreur coûte, donc doit se faire vite, et se rattraper intelligemment. Dans un budget réel, les chances données à chacun sont limitées, à vous de communiquer ces limites.

About Alexandre QUACH

Amateur de technologies, passionné de stratégie, j'offre aujourd'hui mon expérience pour accompagner les investisseurs professionnels ou futurs professionnels dans leurs décisions digitales, à différents niveaux (stratégie, programmes, produits, fonctionnalités clés). Des lanceurs de start-up aux sponsors projets de grands comptes, je fournis des astuces et conseils pour mieux construire les coups gagnants pour votre business.

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